Changer le monde ? Avec les mathématiques, c’est possible

Florent | Émilie
Pour commencer, je me présente je m’appelle Florent, j’ai 22 ans et je suis étudiant en troisième année de faculté de mathématiques.
On vit dans un monde de fous, avec des personnes qui sèment la terreur, et d’autres qui vivent dans la peur. Pourtant, dans notre société, il y a de belles choses qui redonnent l’espoir et le sourire. Ça peut paraître un peu bateau, mais quand je me lève le matin, il me manque un truc. J’ai envie de faire quelque chose pour donner du sens à ma vie.

Un jour, j’ai pris mon courage à deux mains, et j’ai tapé sur Google : Comment faire pour se rendre utile ?
J’ai lu des articles, et puis c’était comme une évidence : l’entraide.
Je suis tombé sur un article parlant d’un site de petites annonces d’entraide entre particuliers 100% gratuit. Ça s’appelle Welp. Il y a des gens qui proposent leur aide, qui donnent des cours par-ci par-là, qui aiment bricoler, qui rendent visite à des personnes isolées...
Je me suis dit : pourquoi pas moi ? Je n’ai rien à perdre, bien au contraire.

Je regarde les annonces à côté de chez moi, la voie de la facilité. J’arpente le site en long, en large et en travers. C’est vrai qu’au départ je ne savais pas trop quoi proposer. C’est quoi mon talent à moi ?
J’aime les mathématiques, j’en fais toute la journée, je pense algorithme, j’attends quoi pour donner des cours de maths ?
J’ai de la chance, à moins d’un kilomètre de chez moi, il y a Émilie. Elle a 14 ans, et bloque avec la géométrie. Dans son annonce, elle écrit qu’elle cherche un professeur depuis assez longtemps. Elle a des difficultés, mais elle se dit qu’elle va pouvoir les surmonter si elle est aidée.
Je me lance, je welpe la demande d’aide d’Émilie. Trois jours plus tard, elle me répond : « Merci beaucoup. Que diriez-vous de mardi 18h30 ? ». C’est marrant, elle me vouvoie.
Je réponds illico : « Ok, pour mardi, c’est noté. »
Tout est si simple.

Mardi arrive. Il est 18h25, j’avoue que j’ai un peu la flemme. Je viens de rentrer, et le rituel c’est de retirer mes chaussures, d’allumer la télé et de regarder la suite de ma série. Eh bien non, aujourd’hui je vais briser la routine. Il est 18h30 et je ne suis pas encore parti, je vais arriver en retard, c’est pas top pour une première fois. Heureusement qu’elle habite à cinq minutes de chez moi. J’hésite à courir, je marche vite, très vite. J’arrive essoufflé, mais prêt à parler mathématiques. Je regarde ma montre : 18H34, ça va c’est pas un gros retard ! Je vois l’immeuble, je tape les codes, j’appelle l’ascenseur je vais à gauche et je sonne. J’ai les joues rouges, mais je suis présentable.
Une petite fille brune, à peine âgée de 10 ans m’ouvre. Je dis d’un ton assuré : « Bonjour, je suis Florent pour les cours de maths ». Je m’arrête là, je ne sais jamais quoi dire dans ce genre de situation.
Elle me fait signe d'entrer, ferme la porte derrière moi et s’engouffre dans la pièce à droite. Puis, à peine une seconde plus tard, une fille plus âgée surgit. « Bonjour, je suppose que tu es Émilie, je suis Florent, j’ai vu ton annonce sur Welp ». Je pense qu’elle est un peu gênée que je sois là. « Bonjour, on va aller dans la cuisine, j’ai déjà préparé mes affaires » dit-elle. Je la suis dans la pièce à gauche, une cuisine un peu vieillotte avec une table au milieu, trois chaises et une ampoule allumée qui pend du plafond.

« Installe-toi, ici », elle me montre une chaise.
- « Tu veux quelque chose à boire ? »
- « Non merci ça va aller, c’était ta sœur qui m’a ouvert ? Elle n’est pas très bavarde. »
- « Oui »
- « Ils sont où tes parents ? »
- « Ma mère est au travail »
- « Ok… »

Il est temps de s’y mettre, elle est déjà prête : son cahier est ouvert et son stylo en main.
J’enlève ma veste, pour me sentir plus à l’aise et c’est parti pour une heure de transpiration intellectuelle.

Elle était attentive, et concentrée. Ce qu’on a fait, c’est revoir la méthode pour gagner en confiance pour les exercices. On a bien révisé pour son contrôle du lendemain. Elle comprend vite, elle va y arriver, elle a juste peur de poser des questions, de se tromper. On est tous un peu comme ça, on n’ose pas assez.
J’ai hâte de voir ses progrès, je me suis pris au jeu et je veux vraiment qu’elle réussisse. Maintenant, chaque veille de contrôle, je passe chez elle pour revoir les cours, et le lendemain j’ai la boule au ventre, un peu comme si c’était moi qui repassait les épreuves. On a créé un lien vraiment fort, je suis enfant unique et j’ai un peu le sentiment d’avoir une petite soeur maintenant parce qu’Émilie et moi je crois qu’on se comprend, on a le même humour, c’est fou ce qu’on peut rire pendant un cours de maths ! J’ai même l’impression, que je peux être drôle, ça m’a redonné confiance en moi.

Et puis qui sait ? Un jour j’aiderai sans doute sa petite soeur en maths !