Marie Treppoz, fondatrice de la jeune startup “ WELP”, première plate-forme d’entraide gratuite, géolocalisée et ponctuelle, souhaite dépoussiérer le bénévolat, et en faire quelque chose de ludique.  L’idée de la jeune startup et de créer du lien social dans les villes par l’échange de services gratuits entre particulier, mais aussi faisant de Welp une interface de bénévolat ponctuel pour les associations. Welp est un nouveau né de l’économie collaborative. Lancé en mars dernier, Welp est une plate-forme (site et application) permettant aux personnes qui vivent à proximité de s’échanger des services gratuitement ou de donner un coup de main de temps en temps à une association du quartier.

 

Le problème identifié par Welp est qu’aujourd’hui le bénévolat est vu comme une contrainte. Le bénévolat renvoie parfois à une perte de temps, et n'est pas souvent encouragé par les proches qui reprochent au bénévolat de ne pas rapporter de salaire. Donner du temps pour une association est pourtant une expérience enrichissante tant sur le plan personnel que sur le plan des compétences. L’ambition de Welp est donc de dépoussiérer le bénévolat, de le rendre plus ludique, et de le valoriser dans l’imaginaire collectif. Comment faire ? C’est la question à laquelle Welp essaie de répondre.

 

A l’heure de la RSE ( responsabilité sociale des entreprises ), il semble cohérent que les entreprises choisissent d’employer des personnes qui incarnent les valeurs dont elles souhaitent donner l’image : une entreprise qui a le soucis de la société dans laquelle elle évolue. L'idée serait de renverser le mécanisme de la RSE en partant du principe que pour avoir une entreprise réellement éco-responsable ou socialement responsable et dépasser la critique du “vernis de conscience des entreprises” dont font encore souvent les frais les départements RSE, il faut avoir des employés qui sont eux mêmes éco-responsable ou socialement responsable. Et pour cela, il est donc plus facile d’embaucher des personnes qui le sont déjà.

Cet article ne fait qu’une proposition, une hypothèse sur l’avenir, mais ce phénomène est peut être déjà en train de se produire sans que l’on s’en rende compte. En effet, aujourd’hui vous êtes déjà peut être noté sur au moins 3 sites différents de l’économie collaborative. Vous êtes peut être un ambassadeur sur blablacar , un hôte de premier choix sur AirBnb avec 4,5/5 de moyenne selon vos hôtes, ce qui témoigne de votre hospitalité et de votre convivialité, ou vous avez peut être encore le label “ Top Fiabilité “ sur ebbay ce qui vous rend digne de confiance online, et potentiellement offline... Certains ont déjà compris les attentes des collaborateurs de grandes boites ( comme des plus petites )  et "inscrivent déjà ces références sur leur CV" comme l’explique l’économiste Anne-Sophie Novel dans une interview donnée au Journal du Dimanche datée du 3 août 2013 .

 

Welp rêve ainsi d’un modèle de recrutement innovant qui s’inspire des profils de confiance ou systèmes de notations sur les sites collaboratifs. Chaque bénévole serait répertorié par l’organisme, l’association, ou simplement le voisin qu’il aide ponctuellement ou régulièrement. Une note lui serait attribuée par chacune de ces entités et la somme de ces notes lui permettrait d’atteindre un label du type “ citoyen socialement responsable” . Ce label témoignerait de l’engagement sociétal du welper, de ses compétences acquises par la même occasion mais également de ses qualités humaines. Le welper pourrait alors apposer un label sur son CV . On pourrait même pousser l’idée plus loin. Sur un site intermédiaire comme Welp, les associations pourraient remplir le CV du bénévole ou du “welper” avec ses compétences acquises au cours de son expérience.

 

Les employés socialement - responsables sont-ils la prochaine étape des évolutions de la RSE ? Nous laissons les prochaines générations de bénévoles, d’associations, et d’entreprises nous le dire...